Art et culture : Sueurs froides à la Pantiero
Quelques rebondissements, lot des grands festivals, ont perturbé le déroulement du Festival Pantiero à Cannes. Pour sa huitième édition qui s’est déroulée du 8 au 11 août 2009, le Palais a accueilli autant de grandes têtes d’affiches que de talents montants de la scène électro d’aujourd’hui. Entre « Stuck in the Sound », les « Naïves New Beaters » ou Mr Oizo, les jeunes spectateurs ont pu apprécier le « groupe » Yo Majesty et la très attendue Lady Sovereign. Deux affiches qui ont donné des sueurs froides aux organisateurs... Par Aurore Monod.

Yo Majesty
Lady Sovereign... seule !

Lady Sovereign
Yo Majesty à moitié dévêtue, comme à son habitude, sort de scène. Le DJ prend le relais de l’autre côté du jardin pour laisser le temps à la demoiselle de se préparer. Quelques éclats de sons impromptus viennent ponctuer le jeu du disque jockey. Personne ne remarque, c’est le lot des grandes soirées. Le public patiente tranquillement en dansant sur ce lieu à la vue imprenable. Derrière le Palais des Festivals, juste au dessus des plages, l’espace de la Pantiero laisse entrevoir un petit paradis. De là haut, sur un tapis vert parsemé de quelques palmiers, les curieux observent la croisette et la mer avec les îles de Lérins et les navires qui longent la côte. Dans le public, beaucoup de jeunes gens, des adolescents avides de musiques électronique, de rock ou de hip-hop modernisé.
Ouf !
La petite scène cède sa place à la jeune anglaise. A 22 ans, Lady Sovereign s’est déjà placée comme l’une des figures incontournables du rap anglais. Un achèvement remarquable pour une artiste de son âge, qui plus est une femme et ... blanche. La foule de la Pantiero suit la musique. Un groupe de jeunes adolescents torses nus se tortille jusqu’à la grande scène. La musique commence... mais aucune trace de la chanteuse. A la première chanson s’enchaîne une seconde. Toujours personne. La foule commence à se plaindre, mécontente. Certains excédés s’en vont. Perchés sur la petite terrasse, les journalistes observent sans en croire leurs yeux. Les attachés de communication se mordillent les doigts. A la troisième chanson, une ombre arrive gambadant sur scène comme un petit enfant. Le public n’y croit plus. L’ombre attrape le micro et la lumière présente la demoiselle. C’est bien elle ! Du haut de la terrasse, la tension se relâche un peu... Les organisateurs ont eu peur, mais rien n’est terminé. Il arrive que la jeune capricieuse ne termine pas ses concerts. Entre deux chansons, Lady Sovereign explique que son DJ l’a laissée tomber. C’est son manager qui a pris le relais. Le tour est réussi, on n’y voit que du feu. Après « So human », un de ses titres phares, tout le monde semble rassuré. Les spectateurs repartent dans leur folie dansante. Tout est oublié. Et le spectacle continue...
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