Art et culture : Printemps des Arts de Monte-Carlo
Le Printemps des Arts de Monaco a commencé en 1984, à l’instigation de Michel Battaini, alors directeur des affaires culturelles en principauté.
Ce festival est né sous les meilleurs auspices avec les premiers solistes invités : Daniel Barenboïm (et également en 1985), Ruggiero Raimondi, Ileana Cotrubas, Tereza Berganza. Suivent en 1986 le Deller Consort, Maria-Joao Pires, Piero Capuccilli, le quatuor Talich.. et Nathan Milstein (le légendaire violoniste âgé de 82 ans). En 1987, le printemps applaudit Margaret Price, Alicia de Larrocha et programme, sur plusieurs années, une série d’opéras baroques plus ou moins inédits. Ainsi découvre-t-on en 1987 les chinoises de Glück, sous la direction de René Jacobs, le peintre parisien de Cimarosa en 1988, Alceste de Glück en 1989, Flavio de Haendel en 1989, Mithridate, en l’«année Mozart» 1991, Montezuma de Vivaldi en 1992, Orfeo de Fernando Bertoni en 1993.
Année après année, les affiches du Printemps des Arts demeurent prestigieuses : Yehudi Menuhin, Jean-pierre Rampal, Marielle Nordmann, Renata Scotto, Montserrat Caballé, Nikita Magaloff, Lazar Berman, le Quator Julliard, Shirley Verret, Yo-yo Ma, Mstislav Rostropovitch, Muray Perraia, Vladimir Ashkenazy, Anne-sophie Mutter, Radu Lupu. Ce fut une suite de soirées étoilées! Comment oublier celle où Katia Ricciarelli, au sommet de la gloire, nous porta sur les ailes de son chant? Ou celle où Dietrich Fisher Diskau, maître respecté entre tous, sembla recevoir une inspiration divine? Luciano Pavarotti se produisit en 1993 il logeait au Métropole tandis que.. Michaël Jackson, venu pour un festival de télévision, était à l’hôtel de Paris. Les fans de l’un et de l’autre rivalisaient de cris sous leurs fenêtres – avec une puissance vocale qui était inversement proportionnelle à celle de leur idole.
Au Printemps des Arts, on assista aux débuts de solistes comme Vadim Repin ou Maxim Venderov ou encore Cecilia Bartoli. Bouleversante découverte en 1989 du baryton Thomas Qasthoff, au corps meurtri et au talent inouï. Depuis, ce héros de la vie et de la scène, fait merveille sur les grandes scènes. Et l’on découvrit également en 1999, Ivo Pogorelitch le pianiste yougoslave à la fascinante personnalité qui avait fait démissionner Martha Argerich du jury du concours Chopin de Varsovie où il était candidat.
Le Printemps des arts ne se contenta pas d’inviter des solistes. Il accueillit aussi des orchestres: le philharmonique de Los Angeles dirigé par Andre Previn en 1987, le symphonique de Berlin dirigé par Riccardo Chailly en 1988, la philarmonie Tchèque dirigée par Vaclac Neumann en 1990, le philarmonia de Londres dirigé par Lorin Maazel en 1997.
A la série des opéras baroques succéda des créations d’opéras contemporains. Dorian Gray de Lowell Liebermann en 1996, d’après l’œuvre portant sur l’homosexualité d’Oscar Wilde (l’arrière petit-fils de l’écrivain était dans la salle), «saisons en enfer» de Marius Constant en 1999, «Cecilia» de Charles Chaynes en l’an 2000.
Certaines années, le théâtre trouva aussi sa place au «printemps». Et l’on applaudit Pierre Dux et Denise Gence dans les «Chaises» de Ionesco (1989), Geneviève Casile en 1996, Laurent Terzieff en 1997, le duo Michel Bouquet-Claude Brasseur dans une poignante confrontation imaginaire entre le chef d’orchestre Fürtwangler et un chef SS en 2001.
En 1989, à l’instigation de la galeriste new-yorkaise Marisa del Re, les beaux-arts furent également invités au festival. En 1999 la Principauté fut envahie par les silhouettes rebondies des statues de Bottero.
Rainier Rocchi, directeur de la culture en Principauté, succède à Michel Battaini en 2000, c’est alors une ouverture au modernisme.
Le Philarmonique de Monte-Carlo sous la direction de Marek Janowski donna deux années de suite de mémorables concerts Messaien ; il accompagna aussi la projection du film «Napoléon» d’Abel Gance.
C’est en 2001 que l’avenir du nouveau Printemps des Arts allait être scellé lors du concert des Percussions de Strasbourg où était alors programmé une pièce de Marc Monnet. La rencontre entre ce dernier et Rainier Rocchi donna naissance à un festival renouvelé.
Marc Monnet s’est fixé pour objectif de conquérir un nouveau public, notamment parmi les jeunes. Pour cela il abolit les frontières entre les répertoires et les époques de la musique en proposant des «fils rouges» pour suivre la manifestation d’un bout à l’autre.
En 2003, l’ouverture du Printemps se fit avec des musiciens chasse à courre sur la place du Palais; en 2004, avec une fanfare de rue; en 2006, avec sonneur de carillons.
Le Printemps a pénétré dans des lieux inédits: musée océanographique, Sporting d’été et d’hiver, grand cabaret, s’est même invité chez les gens – avec les «concerts à domicile» ; On initia également les «concerts surprises» dont le concept était simple : le public ne savait ni ce qu’il allait entendre ni comment il se rendrait sur les lieux de concert. En 2004 ce fut en car, entre Nice et Menton, en 2005 en train vapeur jusqu’à Cannes. Notons également la venue historique de Pierre Boulez dirigeant l’ensemble intercontemporain au Sporting 2006.
Vingt-quatre ans des Printemps des arts sauf un : l’an 2005 où le festival fut arrêté lors de la mort du Prince Rainier. Le Printemps, la Principauté, le monde, pleurèrent leur « Prince bâtisseur ».
LL.AA.SS le prince Albert et la Princesse Caroline continuent à défendre après lui la vitalité culturelle de la Principauté.
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